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mardi 23 juillet 2013

L'excision reste une pratique généralisée dans une quinzaine de pays d'Afrique

LE MONDE
23.07.2013
Par Rémi Barroux

En Côte d'Ivoire, à Katiola, lors d'une opération de sensibilisation 
menée par l'Unicef, en juillet. 

Plus de 125 millions de jeunes filles et de femmes d'Afrique et du Moyen-Orient vivent en ayant subi une mutilation sexuelle – le plus souvent une excision –, selon les chiffres inédits publiés par l'Unicef, lundi 22 juillet. Cette évaluation a été établie à partir des études réalisées au cours des vingt dernières années dans les vingt-neuf pays les plus touchés par ces pratiques. 


Au niveau planétaire, l'estimation avoisinerait 140 millions de femmes et fillettes, selon l'agence des Nations unies consacrée aux droits de l'enfant. 

Les nouvelles données intègrent pour la première fois des informations recueillies auprès des "jeunes filles de moins de 15 ans, permettant de cerner les dynamiques les plus récentes sur les pratiques ". 

Elles montrent que, en dépit de nets reculs observés dans certains pays, les interventions chirurgicales consistant à enlever en totalité ou en partie les organes génitaux externes de la femme demeurent largement répandues. Trente millions de fillettes ou d'adolescentes – dans la moitié des pays étudiés, la majorité des filles excisées le sont avant l'âge de 5 ans – risquent encore d'en être victimes dans les dix prochaines années, selon l'Unicef. 

"PRATIQUES SOCIALES" 
En tête des pays où ces mutilations demeurent la règle quasi absolue : la Somalie, avec 98% des filles et des femmes de 15 à 49 ans excisées ; la Guinée avec 96% ; Djibouti avec 93% ; et l'Egypte avec 91%. 

"C'est la première fois que l'on dispose d'une vision comparative qui, non seulement nous renseigne sur l'ampleur du phénomène, mais nous permet de voir l'évolution d'une génération à l'autre", explique le porte-parole de l'Unicef pour l'ensemble de l'Afrique de l'Ouest, Laurent Duvillier. 


Si la situation reste préoccupante dans nombre de pays, l'Unicef souhaite aussi montrer des évolutions positives. Ainsi, au Liberia, si 85% des femmes entre 45 et 49 ans sont excisées, elles ne sont plus "que" 44% entre 15 et 19 ans. Au Kenya, ces pourcentages passent de 49% à 15% entre les deux classes d'âge et au Burkina Faso de 89% à 58%. 

Ces changements obtenus sur une trentaine d'années n'ont pas été aisés. "Nous avons compris que, pour faire évoluer les situations, ce n'était pas tant les choix individuels que les pratiques sociales, leur influence, comme la peur de ne pas trouver de mari, d'être exclue d'un groupe, qui jouaient un rôle important", analyse M. Duvillier. 

LE FAIBLE EFFET DES LOIS 
Dans vingt-cinq des vingt-neuf pays étudiés, ces mutilations sont interdites par la loi. Sans effet notable. Les coutumes sociales, familiales, ethniques pèsent. Dans certains pays, bien que se disant hostiles à cette pratique, des mères de famille la reproduisent. En Gambie par exemple, 54% des filles dont les mères estiment que cette pratique doit cesser ont été excisées, contre 75% pour celles dont les mères pensent qu'il faut continuer. Le scénario est identique en Mauritanie, au Soudan, etc. 

Derrière les statistiques nationales, de grandes différences apparaissent selon l'appartenance ethnique. "Les mutilations génitales féminines sont étroitement liées à certains groupes ethniques, ce qui suggère que les normes sociales et les attentes au sein de communautés d'individus partageant les mêmes convictions jouent un rôle important dans la perpétuation de ces usages", écrit l'Unicef. 

Au Bénin, 72 % des filles peules ont été excisées mais aucune s'agissant des ethnies Adjas et Fons. Au Sénégal, les mêmes Peuls pratiquent ces mutilations génitales alors que les Wolofs non. 

"L'influence sociale ou régionale sur ces pratiques se vérifie à l'intérieur même d'une ethnie, explique M. Duvillier. Au Sénégal, par exemple, aucune fille ou femme wolof n'est recensée comme ayant été excisée dans la région de Diourbel, au centre du pays, alors qu'un tiers des femmes de cette même ethnie le sont dans la région de Matam, au nord-ouest, où les Wolofs sont en contact avec les Peuls, ultramajoritaires dans cette zone." Comment faire reculer ces pratiques ? Alors qu'elles sont souvent considérées comme l'expression d'un "contrôle patriarcal sur les femmes, sous-entendant ainsi que les hommes en seraient d'ardents défenseurs", certaines données indiquent que femmes et hommes manifestent une volonté équivalente d'y mettre fin, note l'Unicef. En Guinée ou au Tchad, les hommes seraient même plus nombreux que les femmes à vouloir l'arrêt de l'excision. 


Une question reste en débat : faut-il encourager des formes plus "modérées" de mutilations comme solution transitoire ? Non, répond l'Unicef, qui juge cette solution peu prometteuse et préfère soumettre la situation actuelle "à l'examen du grand public, de manière respectueuse". "Le changement viendra de la confrontation avec ceux qui n'ont pas recours à ces pratiques", espère Laurent Duvillier. 
Rémi Barroux

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